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Albert Le Grand écrit en 1636 dans son ouvrage "Les Vies des Saints de la Bretagne Armorique" que "le pèlerinage de l'abbaye de Saint-Mathieu est l'un des plus célèbres de la province" [1, p. 655]. C'est vers 1206 que le chef de saint Mathieu arrive de Salerne à la Pointe Saint-Mathieu. L'afflux des pèlerins devait être si important qu'on a construit à cette époque un choeur gothique dont la hauteur dépasse celle de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (18 mètres contre 16).
C'est ce chemin vers St-Mathieu que nous allons essayer de suivre depuis Morlaix en respectant autant que possible l'itinéraire médiéval décrit dans [2]. Les pèlerins suivaient les anciennes voies romaines qui ont constitué le réseau routier pendant tout le Moyen Age. De Morlaix, ils quittaient la ville par l'actuelle rue Longue. A la sortie de Morlaix, un embranchement nord-ouest permettait de rejoindre Brest par Plouvorn et Lesneven en suivant une ancienne grande voie romaine. Nos pèlerins prenaient plutôt l'autre embranchement sud-ouest qui permettait de rejoindre à Bodilis l'ancienne grande voie romaine de Carhaix à l'Aberwrac'h. Cette voie les menait à 7km au sud-est de Lesneven, à Kerilien où se croisaient plusieurs anciennes voies romaines. L'une d'elles menait directement à la Pointe St-Mathieu par Bourg-Blanc et St-Renan.
C'est au bord de cet itinéraire que l'on trouve les lieux dédiés à saint Mathieu. A Morlaix c'est l'église Saint-Mathieu. A Bodilis c'est la chapelle Saint-Mathieu où se tenait une foire importante. Au Drennec c'est la chapelle de Locmazé qui était un prieuré de l'abbaye de St-Mathieu. A Saint-Renan, l'abbaye possédait également un prieuré. Pour plus détails consulter la publication de Job an Irien sur le pèlerinage de St-Mathieu [2].
Nous commençons notre périple par une série de trois boucles. La première commence à l'église Saint-Mathieu de Morlaix. Nous quittons la ville par la rue Longue bordée des maisons des marchands qui tenaient leurs échoppes au bord de la seule voie d'accès à Morlaix depuis l'ouest. De là nous rejoignons la vallée de la Pennélé et revenons à Morlaix par la chapelle de la Salette et l'ancien couvent des Cordeliers.
+ Morlaix, la chapelle de la Salette
C'est le 19 septembre 1846 que la Vierge serait apparue à deux enfants de la Salette-Fallavaux près de Grenoble. Dans les jours suivants, la prieure des Augustine de la maison St-François, mère Sophie de Coatgoureden, a pris l'initiative d'entrer en contact avec l'abbé Perrin, curé de la Salette. Elle reçoit en retour de l'abbé Perrin un fragment du rocher sur lequel la Vierge avait posé le pied. L'aumonier de la communauté, de Kermenguy, se met en devoir d'ériger un petit oratoire pour abriter la relique. Il choisit comme emplacement la salle de verdure où les frères franciscains avaient l'habitude de se réunir pour des conférences spirituelles, là où se trouve aujourd'hui la chapelle de la Salette. Un premier oratoire est construit dès le début de 1847. C'est le premier jamais construit en l'honneur de ND de la Salette.
La même année, deux fillettes tombent malades dans l'école annexée au couvent des soeurs. On entame un neuvaine de prières (neufs jours de prière pour rappeler que le christ est mort à la 9e heure). L'état des jeunes filles ne s'améliore pas et on enchaîne les neuvaines. Et voilà que les fillettes sont guéries le 19 septembre 1847 alors que se terminait une neuvaine de prière. Une telle coincidence à la date anniversaire des apparitions provoque l'afflux des pèlerins. Le 1er mars 1848 on entame la construction d'un nouvel édifice. Le premier pardon et la bénédiction ont lieu le 18 sept 1848. Comme les apparitions n'étaient pas encore reconnues, la chapelle est placée sous le vocable ND Réparatrice à la demande de Mgr Graveran, évêque de Quimper et Léon.
Construite à la hâte, la chapelle s'écroule peu après. On commence une nouvelle construction en prenant soin cette fois de faire appel à un architecte, Pol Potier de Courcy. Etienne Clech professeur de dessin au collège de Saint-Pol-de-Léon participe également à l'élaboration des plans. Les apparitions de la Salette sont reconnues en 1851. La consécration de la chapelle de Morlaix a lieu le 21 juin 1860 alors qu'à la Salette Fallavaux les constructions n'avaient pas encore commencé. Dans les Alpes elles ne commenceront qu'en 1861 pour se terminer en 1869.
L'élément le plus important de la chapelle de Morlaix ce sont les vitraux, "le filtre de la lumière de Dieu" selon Paul Claudel. Les 18 vitraux ont été réalisés en trois campagnes et par trois verriers.
La première campagne a été menée par Etienne Clech et les tableaux réalisés par Jean-Louis Nicolas, maître-verrier à Morlaix jusqu'en 1912. Ce sont les trois vitraux du choeur qui contiennent 26 tableaux et les vitraux de la façade. Comme les apparitions n'étaient pas encore reconnues, les références à ND de la Salette sont très discrètes. Dans le vitrail n°1 à gauche dans le choeur, on voit à bas à droite ND de la Salette et deux personnages en bragou braz. En haut à gauche on voit à nouveau ND de la Salette et deux enfants. Dans le vitrail n°0 on trouve des scènes de l'Ancien Testament, notamment la descente aux enfers, le sacrifice d'Isaac (qui porte une croix à la place d'un fagot), et Joseph dans la citerne (ou Jérémie). Au bas et à droite du vitrail n°2, on trouve représenté le bureau de recrutement des zouaves pontificaux à Quimper. L'année de la bénédiction de la chapelle est aussi celle de la création zouaves pontificaux. Il y avait un bureau à Quimper qui a recruté une centaine de Finistériens.
Pendant la seconde campagne de 1919, on a réalisé un unique vitrail. C'est le n°7 qui donne sur le transept. Les apparitions étant désormais reconnues, on a pu réaliser un vitrail entièrement dédié à ND de la Salette. La Vierge est représentée dans une mandorle. Elle porte une croix sur la poitrine. Aux branches de la croix sont attachées deux outils de la Passion: le marteau et les tenailles. A ses pieds on voit Mélanie Calvat qui avait 14 ans au moment des apparitions, et Maximen qui était plus jeune. Le donateur est "BG". Le vitrail est signé Vosch.
Pour la troisème campagne de vitraux vers 1930 on a fait appel au verrier Rault de Rennes. Treize baies ont été réalisées. Elle représentent des saints pour la plupart en lien avec la proche région de Morlaix.
En lien avec le vitrail n°2, le vitrail n°8 représente les zouaves à la guerre de 1870.
Nous commençons la seconde boucle à Penzé et rejoignons Taulé par l'ancienne voie romaine de St-Pol-de-Léon à Morlaix. A Taulé nous passons devant la chapelle St-Herbot avant de revenir vers Ste-Sève et le manoir de Pennavern où une tradition sans doute fantaisiste fait naître l'empereur Napoléon. De là nous revenons à Penzé en suivant la vallée de la Penzé par le château fort de Penhoat.
+ St-Thégonnec, le château fort de Penhoat
D'après Louis Le Guennec [1], le château fort de Penhoat a été construit après la 7ème croisade de 1248 (1ère croisade de Saint Louis). Les études réalisées depuis les écrits de Le Guennec laissent apparaître des origines quelque peu différentes. Au XIIIe siècle les seigneurs de Penhoat résidaient vraisemblablement dans la motte féodale qui était située à 800m au sud du château actuel. Elle était connue sous le nom de "Castel-Douar" ou "Tossen ar Baroun". Elle a été rasée en 1971 alors qu'elle était en instance de classement. Le document le plus ancien concernant Penhoat date de 1230. Il a été signé par Hervé de Penhoat et les moines de l'abbaye du Relecq à propos d'un litige concernant des terres. Au XIVème siècle, les Penhoat participent activement à la guerre de Succession du Duché de Bretagne. Guillaume de Penhoat dit le boiteux, fut un partisan de Charles de Blois. Il est capitaine de Rennes en 1356. Il participe à la bataille d'Auray en 1364 et signe en 1374 le traité de Guérande qui met fin à la guerre. Après la guerre, les Penhoat se mettent au service du Duc de Bretagne. Jehan de Penhoat est amiral de Bretagne en 1401. Un autre Jehan de Penhoat est chambellan du Duc en 1415. En 1419, il accompagne le duc Jean V au cours du "Tro Breiz" qu'il effectua suite à un voeu. La famille de Penhoat s'est fondue dans celle de Rohan en 1475 avec le mariage de Françoise de Penhoat, seule héritière. Le château sera progressivement délaissé mais on ne cessera jamais de venir rêver sur ces lieux chargés de mystères. Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, et sans doute Victor Hugo, ont visité Penhoat.
Au XVe siècle, après la disparition des vicomtes de Léon, les seigneurs de Penhoat constituaient l'une des grandes familles du Léon. Louis Le Guennec rapporte la formule: "Richesse de Carman, vaillance du Chastel, chevalerie de Kergounadéac'h et antiquité de Penhoat". Les seigneurs de Kermavan possédaient d'immenses richesses, notamment autour de leur fief des septs paroisses (seiz-ploué) autour de Plounévez-Lochrist. Les seigneurs du Chastel étaient des guerriers réputés, Les seigneurs de Kergounadéac'h avaient une réputation de preux chevaliers depuis que l'un d'entre eux avait aidé Paul-Aurélien à capturer un dragon à l'île de Batz. Les seigneurs de Penhoat disaient être les descendants du comte Withur qui aurait accueilli Paul-Aurélien à son arrivée à l'île de Batz.
A la montre de 1481, la seule qui déclare les revenus de chaque noble cité, le plus haut revenu déclaré était celui du seigneur du Chastel (Plourin-Ploudalmézeau) avec 2500 livres. Les revenus du seigneur de Kermavan/Carman (Plounévez-Lochrist) devaient également être très élevés mais ne sont pas mentionnés. Le sire de Penhoat arrivait sans doute au 3e rang avec 1100 livres de revenus. Ensuite on trouve une série de revenus autour de 500 livres, notamment Kergounadeac'h. Dans la montre, Kermavan et du Chastel portent le titre de seigneur, Penhoat celui de sire, et Kergounadéac'h celui de sieur. Au total 2 seigneurs, 3 sires et 28 sieurs sont mentionnés. Le revenu moyen est de 400 livres. Les Penhoat tiraient leurs revenus de leurs possessions. Ils avaient des terres sur St-Thégonnec, Plouénan, Taulé, Plouégat-Guérand, Guerlesquin, Ploubezre, Pestivien, Kermaria-Sulard, Carentoir, Bédée, Chapelle-Glain et Moisdon près de Châteaubriant, Chapelle-Hullin dans le Maine-et-Loir, Fronsac en Guyenne (Guillaume de Penhoat avait épousé une dame de Fronsac).
Quant au château actuel, il a sans doute été bâti dans les premières années du XVe siècle. Les corbeaux et le chanfrein de la cheminée du grand donjon font penser à cette époque. Le donjon est circulaire à l'extérieur et hexagonal à l'intérieur. Les étages sont planchéiés. Il n'y a pas de meurtrières basses et les ouvertures supérieures sont grandes. C'est une architecture qui apparaît au XIVème siècle. On peut la rapprocher de celle de la tour de Cesson à St-Brieuc édifiée vers 1395 sur ordre du duc de Bretagne Jean IV. C'est peut-être Jean de Penhoat, le fils de Guillaume de Penhoat, qui a fait construire le château actuel. Il était amiral de Bretagne en 1401 et capitaine de Morlaix. En 1405 il a défait une armada anglaise sous les murs de Brest, prenant 40 navires et 2000 hommes. Cette victoire a pu lui apporter les ressources et les autorisations nécessaires à la construction d'un château fort.
Situé au confluent de la Penzé et du Coatoulzac'h, le château contrôlait l'ancienne grande voie romaine de Morlaix à Brest par Plouvorn et Lesneven. Celle-ci passait à moins de 300m au nord où un village appelé le bourg de Penhoat s'est constitué. Cette route était la principale voie d'accès au Léon depuis Morlaix. Elle arrivait de Saint-Brieuc par Pontrieux et Lannion. C'était une artère importante qui structurait les échanges économiques au nord de la Bretagne. A partir du XVIe siècle, cette voie a progressivement perdu de son importance quand on a commencé à aménager une route directe entre Paris et Brest.
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A Thégonnec nous effectuons une dernière boucle avant de poursuivre vers l'abbaye de St-Mathieu par des marches en ligne. Nous passons par le kanndi de Penn-ar-Park puis la vallée du Coatoulzac'h et le tunnel du Pont-Hir sous la voie ferrée. De là nous poursuivons par la grotte préhistorique de Roc'h Toul et les croix de Kerlaviou à Guiclan. Nous revenons à St-Thégonnec par 3 routes qui ont successivement relié Morlaix à Brest par Landerneau: la N12 de 1845, la route royale n°12 de 1755 et la route médiévale qui peut avoir des origines romaines ou pré-romaines.
+ St-Thégonnec, l'industrie toilière
Le kanndi. Littéralement, le kanndi c'est la maison à blanchir ("ti" c'est la maison en breton et "kanna" veut dire blanchir). Il servait à blanchir le fil de lin. Ce mode de blanchiment est particulier au sud du Haut-Léon. Alors que dans les autres régions on blanchissait les toiles tissées, ici on blanchissait le fil avant de le tisser. Cette technique ne nécessite pas de grandes installations et a sans doute permis un démarrage précoce de l'activité toilière dans le Haut-Léon. Il était plus facile de blanchir du fil qu'une pièce de toile de 60m de long. Il suffisait d'un petit bâtiment avec une cuve en pierre pour lessiver le fil, une cheminée pour chauffer l'eau, et un petit canal pour rincer le fil. Le kanndi est construit sur ce modèle. Il y en avait une centaine sur la commune de Saint-Thégonnec, et au total environ un millier dans le sud du Haut-Léon.
Une industrie fortement exportatrice. Les toiles de lin produites étaient exportées par le port de Morlaix et dans une moindre mesure par celui de Landerneau. Ces toiles étaient exportées vers l'Angletterre au XVe siècle, puis aussi vers l'Espagne au XVIe siècle. De là elles partaient vers les colonies d'Amérique. Dans la décennie 1401-1410 on note une moyenne de 587 toiles arrivant chaque année à Morlaix [1, p. 69]. Cinquante ans plus tard ce sont 1000 voire 2000 toiles qui arrivent annuellement à Morlaix. En 1557 ce sont 18816 toiles qui entrent à Morlaix. Au moment des guerres la Ligue, elles sont exportées par Lannion et Brest, seule ville de Basse-Bretagne restée fidèle au roi. De décembre 1592 à décembre 1594, Brest exporte ainsi chaque année 3600 toiles par an. Dans les comptes du port d'Exeter on confirme que 1300 pièces de toile arrivent de Brest en 1592-1593 [1 p. 72]. Pour le Haut-Léon, le siècle d'or de la toile sera le XVIIe siècle. A moins de 20000 pièces au début du siècle, l'arrivée des toiles à Morlaix s'élève à un minimum de 60000 pièces chaque année à partir de 1660. Le maximum est atteint vers 1680 avec un total de près 100000 toiles exportées chaque année depuis le Haut-Léon.
Une guerre commerciale provoque le déclin. Le marché s'écroule vers 1680 après une guerre commerciale dont l'initiative revient à la France, et plus précisément à Colbert. Les résultats de cette guerre commerciale sont spectaculaires. En réaction aux mesures françaises, les marchands de la City présentent en 1674 au Parlement de Londres un rapport indiquant que la France vendrait à l'Angleterre pour 800000 livres sterling alors que l'Angleterre n'en vendrait que pour 85000. Le 27 juin 1678, une loi établit un embargo sur les principales marchandises françaises: vin, eau-de-vie, toiles, soies, papier, ... La France surenchérit à son tour en doublant le montant des droits sur les draps anglais et en interdisant toutes leurs importations sauf par les ports de Calais et St-Valery-sur-Somme. En Angleterre, on promulgue alors la loi du 24 août 1689 qui interdit tout commerce avec la France. Pour les toiles du Haut-Léon, le marché anglais est perdu, et aussi celui des colonies d'Amérique. Dans le même temps, l'Angleterre encourage la production de toiles en Irlande et en Ecosse. Le postulat français hautement affiché affirmant que l'Angleterre ne peut pas se passer des toiles françaises est ridiculisé. Les mises en garde des députés des Etats de Bretagne sont restées vaines. Pour le Haut-Léon, le déclin est irréversible.
La manufacture des crées du Léon. Le kanndi était un élément d'une véritable activité industrielle gérée par une classe de paysans qu'appelle parfois les Juloded. Ce sont les paysans-marchands-toiliers du sud du Haut-Léon. Ils achètent du fil brut dans la région de St-Pol-de-Léon ou dans le Trégor. Ils le font blanchir. Le fil passe une journée dans le kanndi. On le met à tremper dans de grandes cuves en pierre remplies d'eau tiède et de cendre de hêtre. Puis on le rince dans le douet qui se trouve à côté. A la fin de la journée on l'étale dans un courtil près de la maison. Il y reste 15 jours et le soleil poursuit le processus de blanchiment. Cette opération de blanchiment doit être recommencée environ 7 fois. Comme il faut à la fois du soleil et de l'eau, un kanndi ne peut fonctionner que de février à juillet. On peut estimer qu'un kanndi correctement alimenté en eau pouvait blanchir au moins une centaine de toiles chaque année. Il y avait environ un millier de kanndi dans le sud du Haut-Léon. Une fois blanchi, le fil est confié à des paysans-tisserands recrutés à 25km à la ronde. Un paysan marchand-toilier fait ainsi travailler environ cinq tisserands qui produisent chacun environ 25 toiles par an. Les toiles tissées sont rapportées au paysans-marchand-toilier qui les stocke dans sa maison. Les étages des maisons sont ainsi remplis d'armoires à lin alors que le rez-de-chaussée est réservé à l'habitation. Le paysan-marchand-toilier peut stocker les toiles plusieurs années si les marchés sont défavorables. Le jour de la vente, le plus souvent à Morlaix, elles doivent être contrôlées pour obtenir l'appellation de "crées du Léon". Le mot "crée" vient d'un mot breton qui signifie chemise. Les toiles produites servaient à fabriquer des chemises. A Morlaix, c'est le prévôt de la confrérie de la Trinité qui a le monopole de ce contrôle et le droit de percevoir les taxes. La pièce doit avoir une longueur de 100 aunes (122 mètres). En 1452, sa largeur est fixée à 3/4 d'aulne (89cm) par un édit du duc Pierre II. Une lettre patente du roi Henri IV précise en 1605 que la vente des crées doit être faite à l'hôtel de ville de Morlaix. En fait, jusqu'aux années 1730, une partie des toiles arrivant à Morlaix étaient achetée par des marchands de la rue Longue-de-Bourret. Les paysans-marchands toiliers des paroisses du Léon arrivaient nécessairement à Morlaix par cette rue et pouvaient être tentés de vendre leurs toiles en évitant les contrôles.
A l'origine des enclos. Les revenus de cette activité étaient très importants. Le prix d'une toile peut être comparée à celle d'un cheval, soit environ 1000 euros actuels. C'est l'équivalent de 100 millions d'euros qui arrivaient chaque année dans le Haut-Léon. Les bénéfices de cette activité étaient en partie investis dans les enclos paroissiaux. Sans l'industrie de la toile du XVIIe siècle, ils n'existeraient pas.
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+ St-Thégonnec, les voies anciennes
La route médiévale de Morlaix à Brest par Landivisiau et Landerneau
Cette route quittait Morlaix par la rue Longue de Bourret. Au niveau de St-Martin-des-Champs, un premier embranchement nord-ouest partait vers Brest par Plouvorn et Lesneven. Un second embranchement sud-ouest partait également vers Brest par Landivisiau et Landerneau. Le premier embranchement correspond à une ancienne grande voie romaine. Sur la commune de Taulé, la portion préservée au sud de Pradigou a une largeur entre talus d'environ 20m. Le second embranchement correspond plutôt à une voie secondaire pouvant être d'origine romaine ou pré-romaine. Sur la commune de St-Thégonnec, la portion préservée entre Penn-an-Neac'h Sav-Heol et Prat Couannec a une largeur entre talus d'environ 10m.
Cet embranchement sud-ouest passait par Ste-Sève, traversait le Coatoulzac'h au Pont Toulzac'h, et passait légèrement au nord de St-Thégonnec. En arrivant sur la commune de Guiclan, cette voie se divisait à nouveau. L'embranchement nord-ouest partait vers Bodilis. Il rejoignait au village de Drévers sur la commune de St-Servais l'ancienne voie romaine de Carhaix à l'Aber-Wrac'h. L'embranchement sud-ouest partait vers Lampaul-Guimiliau où il rejoignait à Croas-Paul l'ancienne voie romaine de Carhaix à l'Aber-Wrac'h. De là on pouvait poursuivre vers le plateau de Ploudiry. Cet embranchement sud-ouest permettait également de rejoindre Brest par Landivisiau et Landerneau.
A partir du XVIe siècle on a commencé à intégrer cette voie secondaire de Morlaix à Brest par Landivisiau et Landerneau dans une grande route reliant Paris à Brest. La route de Morlaix à Brest par Plouvorn a alors perdu de son importance. La carte de Haute et Basse Bretagne publiée par Nolin en 1695 fait apparaître quatre grandes routes dans le Finistère: Quimperlé-Rosporden-Quimper, Quimper-Châteaulin-Brest, Hennebont-Carhaix-Landerneau, et Morlaix-Landerneau. Pour cette dernière route, la carte fournit une série de points de passage: Morlaix, St-Martin-des-Champs, le sud de Guiclan, Plougourvest (vraisemblablement par erreur) et Landivisiau. La route indiquée continue ensuite jusqu'à Landerneau en longeant l'Elorn par le nord. Landivisiau est indiqué en gras de même que Landerneau et Morlaix.
A St-Thégonnec, cette route médiévale, voire romaine ou pré-romaine, est encore préservée en plusieurs endroits, notamment entre les villages de Penn-an-Neac'h/Sav-heol et Prat Couannec, entre Bon-Repos et Prat-Guen et après le pont de Prat-Guen qui daterait de 1703 [2]. Le cadastre napoléonien la mentionne sous le nom de "Ancienne grande route de Brest à Morlaix".
La route royale n°12 de 1751
Jusqu'aux XVIIe siècle, le réseau routier de Bretagne était constitué pour l'essentiel par les anciennes voies romaines. En 1707, les Etats de Bretagne ont voté les premiers crédits pour les grands chemins. En 1720 ils ont créé une "Commission des grands chemins". La CORVEE est instituée en 1730, par une ordonnance de l'Intendant, avec l'assentiment des Etats de Bretagne.
A St-Thégonnec on sait que la nouvelle route de Morlaix à Brest était en cours de construction en 1751. Une déclaration de revenus fonciers, réclamée par le Roi en mai 1749 en vue d'un impot exceptionnel du vingtième des revenus, nous le confirme. Pour les biens de Messire Marie Anselme de Kerret on signale, sans doute pour obtenir une réduction d'impôts: "...les terres de Coat Toul Sac'h étantes PRES LE PONT, en Pleiber-Saint Egonnet; dans l'une des prées passe LE GRAND CHEMIN COMMENCE" (15 avril 1751).
En 1753, le DUC D'AIGUILLON, alors agé de 33 ans, est nommé commandant en chef de Bretagne. Il le demeura jusqu'en 1768, où il démissionna de son commandement. Le gouverneur résidait généralement à la Cour et c'est en fait le commandant en chef qui avait la haute main sur toute l'administration civile et militaire. L'intendant lui était subordonné. En 1754, le Duc publie LE REGLEMENT POUR LES GRANDS CHEMINS DE LA PROVINCE DE BRETAGNE. Les Etats protestent sans succès contre ce règlement qui portait atteinte à leurs prérogatives en matiere de grande voirie. Chaque paroisse devait fournir un certain nombre de CORVOYEURS. En principe étaient astreints a la corvée tous ceux qui étaient soumis au casernement (hébergement des soldats). Ils sont conduits par un DEPUTE qui les convoque d'après le rôle (liste) dressé par le "syndic" et le "général de la paroisse" (représentants de l'ensemble des paroissiens). L'ATELIER DE TRAVAIL ne devait pas être éloigné de plus de deux lieues du clocher. Le maximum de la durée de la tâche était de 20 jours par an pour un homme. C'est ainsi que le duc d'Aiguillon a fait achever cette longue route rectiligne qui vient de Rennes par St-Brieuc, Guingamp et Morlaix, et continue vers Brest par Landivisiau et Landerneau. C'est la route royale n°12 qui est parfois appelée route d'Aiguillon. La longueur des nouvelles routes ouvertes en Bretagne était de 80 lieues en 1743. Elle passa a 400 en 1753 et a 800 lieues 20 ans après.
Depuis Morlaix, la route royale n°12 est formée d'une succession de segments parfaitement rectilignes. Elle quittait Morlaix par la rue de la Villeneuve, et passait par St-Thégonnec, Landivisiau, la Roche-Maurice, Landerneau et Brest. A St-Thégonnec, son arrivée dans le bourg est encore bien visible depuis la grande place (Park-an-Iliz) qu'elle traversait. A Prat-Guen elle franchit la Penzé à environ 100m de l'ancienne route médiévale. Entre Morlaix et Landerneau c'est une route entièrement nouvelle qui a été construite. Seul un petit tronçon de 500m est partagé avec l'ancienne route médiévale, peu après le franchissement de la Penzé à St-Thégonnec.
La plupart des informations sur la route royale n°12 et le duc d'Aiguillon proviennent des écrits de J. Feutren [1], recteur de Pleyber-Christ de 1977 à 1987.
La route nationale 12 de 1845
La route royale n°12 a été ré-aménagée en 1845. Elle est devenue la nationale 12 de Paris à Brest. Elle reprend en grande partie le tracé de la route royale n°12. Les côtes trop raides sont contournées pour s'adapter aux nouvelles conditions du transport des marchandises. Peu après le passage de la Penzé à St-Thégonnec, on voit ainsi la N12 de 1845 bifurquer pour éviter la grande côte qui monte vers Kermat. Après l'apparition de la traction motorisée, on reviendra à l'ancien tracé plus direct de la route royale n°12 avant de l'abandonner à nouveau au profit de la voie express.
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+ St-Thégonnec, les croix de chemin
La croix du Keff
La croix du Keff se trouvait au bord d'une voie ancienne qui reliait le Faou à Morlaix. C'était une route commerciale et aussi une route de pèlerinage. Depuis St-Thégonnec, elle offrait un accès presque direct au grand sanctuaire de Rumengol. Elle a encore son tronc serti de fer qui permettait d'y déposer des offrandes. Les comptes paroissiaux de Saint-Thégonnec font allusion plusieurs fois au tronc du Keff, soit pour en notifier les offrandes, soit pour la réparation du coffre fracturé. L'abbé Feuntren avait noté ceci [1]: "Trouvé dans le tronc estant sur LE GRAND CHEMIN menant de MORLAIX AU FAOU près Lescoat le jour de Saint Thomas au dit mois de décembre (1665) 45 sols (sous)". En 1649-1650 on totalise à 42 livres 10 sols les offrandes recueillies en deux troncs "l'un sur le GRAND CHEMIN de Morlaix a Landiviziau et l'autre sur le GRAND CHEMIN du FAOU à MORLAIX". Rappelons que les recettes totales de la fabrique de St-Thégonnec étaient de 1000 livres par an vers 1650. Après 1660 elles pouvaient atteindre 2000 voire 3000 livres par an. Une livre peut être estimée grossièrement à 10 euros actuels.
Croas Creis
Croas Creis c'est la croix du milieu. Au revers, la niche trilobée contenant une Vierge à l'Enfant dénote vraisemblablement le XVe siècle. La croix se trouve dans l'alignement de l'église et de la chapelle Ste-Brigitte, exactement à mi-chemin. Elle semble contemporaine d'une refondation de la paroisse au XVe siècle. Le nom Pleyber-Sainct-Egonnec apparaît pour la première fois en 1464. Au XIVe siècle on trouvait la mention de deux entités, l'une portant le nom de Pleyber-Riual (Riwall) et l'autre étant un prieuré dont on ne sait rien.
Le calvaire de Luzec
C'est peut-être la dernière croix de chemin érigée par un descendant de paysan-marchand-toilier. Au XVIIe siècle il était fréquent de voir un paysan-marchand-toilier ériger une croix monumentale à un croisement de chemin. Sur la commune de St-Thégonnec on trouve au moins six croix faites par des paysans-marchands-toiliers: Menhars 1603, Kerorven 1615, Hellin 1638, Croas-Calafres 1632, Pennavern 1647, Brogadéon 1681. La croix de Luzec est la dernière de la série. Elle a été bâtie en 1864 par Bernard Breton du village voisin de Herlan. Elle se trouve au bord d'une jonction qui reliait le GRAND CHEMIN du FAOU à MORLAIX au carrefour de Kerlaviou en Guiclan, par où passait le GRAND CHEMIN DE MORLAIX A LANDIVIZIAU. Quatre colonnes rondes soutiennent une table rectangulaire. Le socle porte une inscription bretonne incitant le passant à prier.
KRISTENIEN VAD A BREIZIZEL, STOUIT DIRAG AR GROAS SANTEL, HA PEDIT JESUS HO SALVER, E GRAS DOUE D’HO KENDELC’HER, TE PERC’HER GOULENN DIGANTAN, AR C’HRAS D’EN EM CONVERTISSA. PED SANT BERNARD A GREIS KALON, DA C’HOULEN EVIDOUT PARDON. PEDOMP JESUS TREMENIDI, HAG E VAMM AR VERC’HEZ VARI, PEDOMP MA VINT E PEB AMZER, TRUGARESUZ EN HOR C’HENVER, PEDOMP MA CHOMO BREIZ IZEL, D’AR FEIZ CHRISTEN BEPRED FIDEL, MA TALC’HO STARD IVEZ ATO, D’AN HOLLGHIZIOU MAD EUS AR VRO, TREMENIDI, PEDIT DOUE A VIR GALON, PEDIT EVIT AN ANAON. SAVET DRE URS BERNARD BRETON 1864. YAN LARC’HANTEK SCULPTER E PLOUGONVEN. 1864.
BONS CHRETIENS DE BASSE-BRETAGNE, INCLINEZ-VOUS DEVANT LA SAINTE CROIX, ET PRIEZ JESUS VOTRE SAUVEUR, POUR LA GRACE DE DIEU QUE VOUS RECHERCHEZ, DEMANDEZ-LUI SON ASSISTANCE, LA GRACE DE SE CONVERTIR. PRIEZ SAINT BERNARD DE TOUT COEUR, POUR QU´IL DEMANDE POUR VOUS LE PARDON. PASSANTS PRIONS JESUS, ET SA MERE LA VIERGE MARIE, PRIONS POUR QU´ILS SOIENT TOUJOURS, MISERICORDIEUX A VOTRE EGARD, PRIONS POUR QUE LA BASSE-BRETAGNE RESTE, TOUJOURS FIDELE A LA FOI CHRETIENNE, POUR QUE RESTENT AUSSI TOUJOURS FERMES, TOUTES LES BONNES COUTUMES DU PAYS, PASSANTS, PRIEZ DIEU D´UN COEUR VRAI, PRIEZ POUR LES TREPASSES. FAIT FAIRE PAR BERNARD BRETON 1864. YANN LARC´HANTEC SCULPTEUR A PLOUGONVEN. 1864.
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+ Guiclan, la grotte préhistorique de Roc'h Toul
La grotte préhistorique de Roc'h Toul a été fouillée en 1868 et 1869 par le docteur Le Hir. Le compte rendu des fouilles a été publié dans le tome I (1873/1874) du bulletin de la Société Archéologique du Finistère. Nous donnons ci-dessous quelques extraits.
"Cette grotte est située à 84 mètres de la rive de la Penzé, elle est creusée dans un roc blanc composé de grès et de quartz. Ce rocher forme une crête très pittoresque au-dessus d'un joli vallon. Son ouverture trapézoïdale est placée sur le versant nord-est du rocher, vis-à-vis le manoir de Luzec."
"Le rocher a 115 mètres de longueur au sud, 140 mètres au nord, 20 mètres à l'est. La grotte se divise en deux chambres, presqu'en ligne droite et séparées par une cloison de rochers qu'il faut contourner pour passer de l'une à l'autre. La première pièce ou chambre claire, a 12m40 de profondeur. La hauteur de la voûte est de 7m70 ; deux mètres plus loin elle atteint 8m50, et au fond de la pièce, elle est encore de 8 mètres. La chambre postérieure a 34 mètres de longueur ce qui, ajouté aux 12m40 de la première pièce, donne 46m40 sous roche à la caverne de Roc'h Toul."
Dans la première chambre, le docteur Le Hir a recueilli plus de 330 silex sans compter les éclats et les débris. Il y avait surtout des couteaux de tailles et de formes diverses (110 au total), des éclats, et aussi des pointes de flèches ou de lances, des grattoirs, des perçoirs, des poinçons, des rondelles, des serpettes, et des nuclei. Tous les objets trouvés sont en silex. Les mêmes objets se retrouvent dans la seconde chambre, mais en nombre moindre. Sous les petits rochers posés sur le sol il n'y avait rien, ce qui fait dire au docteur Le Hir que ces rochers servaient de meubles ou d'établis pour la taille des silex.
A moins de 100 mètres de la grotte, au bord de la Penzé, dans un champ de 110m sur 38m appelé Parc-ar-Plenen, le docteur Le Hir signale également un habitat préhistorique. C'est le seul champ des environs dans lequel il a pu trouver des silex ainsi que des grès lustrés. Il signale également dans ce champ la découverte d'un silex de 18cm de longueur et de 15cm de circonférence. Il est taillé en cylindre et préparé pour en détacher des lamelles.
+ Guiclan, les croix de Kerlaviou
La croix de Saint-Dodu
Le 4 décembre 1999, paraissait dans le Progrès-Courrier un article de Job an Irien intitulé "Les tribulations des croix". Voici quelques extraits:
"Il y a des croix qui étaient autrefois sur le bord d'une route ou à un carrefour, et qui se retrouvent maintenant au milieu d'un champ du fait du remembrement! Les talus de chaque côté de la route ont été tombés, et la voie bouchée sans qu'il n'en reste la moindre trace. Prenez la vieille route de Landivisiau-Morlaix entre Kermat et Saint-Thégonnec, et regardez à droite: la "Croix-des-Voleurs", du XVIe siècle, est là encore debout au milieu d'un champ. Il y en a une autre, ou plutôt maintenant, il y en avait, dans le même quartier, sur la droite de la route, toujours dans un champ elle aussi, mais aujourd'hui on ne voit plus que le socle en place, car le fût et les bras de la croix sont maintenant allongés par terre ... La Croix-Saint-Dodu est donc sur le sol nu, en morceaux: qui s'en occupera?"
La mairie de Guiclan s'en est occupée. La croix de Saint-Dodu a été restaurée et replacée au bord de la route, à quelques mètres de son ancien emplacement. La croix se trouve maintenant au bord de l'ancienne route N12 de 1845. Elle a été restaurée par Jean-Marc Jézéquel, sculpteur à Plouguerneau. Sur la branche qui porte la signature de Roland Doré et la date 1622, on a placé des nouvelles statues, celles de saint Jean et de la Vierge à l'Enfant. La bénédiction du calvaire restauré a eu lieu le 6 juillet 2002.
Le calvaire se trouvait dans un vallon au bord de la route médiévale qui reliait Morlaix à Brest par Landerneau. Après la construction de la route royale n°12 vers 1751, l'ancienne route est devenue inutile et la croix de Saint-Dodu a fini par se retrouver au milieu des champs. Une chapelle existait autrefois sur le site. La fontaine était réputée pour guérir divers maux. Il y avait une grande foire chaque premier mardi du mois.
Croas-al-Laeron
Au bord de cette même route médiévale qui reliait Morlaix à Brest, il y avait une seconde croix, à environ 500m de celle de St-Dodu, au sommet de la colline. On l'appelait croas-al-laeron, la croix des voleurs. Elle aussi s'était retrouvée au milieu des champs après la disparition de la route médiévale. Au début des années 2000, elle penchait à un point tel qu'elle menaçait de tomber et de se briser. Elle a été replacée par la mairie de Guiclan légèrement au sud de son ancienn emplacement. Comme la croix de Saint-Dodu, elle se trouve maintenant au bord de l'ancienne route N12 de 1845, ainsi qu'au bord du chemin de randonnée qui relie Kermat à St-Thégonnec.
Juste après St-Thégonnec, nous retrouvons à Guiclan le chemin médiéval que suivaient les pèlerins du Moyen Age. Il est relativement bien préservé jusqu'à l'ancienne chapelle Saint-Mathieu à Bodilis.
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